Avide Cronenberg
David Cronenberg.
Dès que le nom de ce cinéaste est cité, on a souvent l'impression qu'il va immédiatement être suivi d'une série de mises en garde...
« Pas d'utilisation prolongée sans avis médical, lisez bien la notice... »
« Ames sensibles, s'abstenir »
« A ne pas mettre entre toutes les mains, yeux ou oreilles »
« ...cru, choquant, dérangeant, déviant, décadent, ... »
L'avantage de ce qui précède, c'est que vous inciter à aller voir son dernier film « Eastern Promises » se fera sans ces adjectifs, superlatifs inutiles, excroissances superflues.
Ou pas.

En effet, comment Anna, (Naomi Watts) sage-femme londonnienne vit et voit la naissance d'un bébé du drame.
La jeune mère meurt en couches et Anna découvre ce qu'elle n'aurait peut-être pas dû découvrir : un journal intime écrit en russe.
Le bébé est estamplillé » mafia russe » et Cronenberg estampille le jeu des acteurs.
Entre Vincent Cassel et Viggo Mortensen le, film insinue une froideur et une maestria qui glace sang et sens.
Les codes moraux sont revus et réécrits avec de la vodka
La vie froide des corps russes est tranchée, lame sans larmes.
Les destins décroisés, issus d'une russie qui exporte ses codes et ses conflits au sein d'une normalité qui, elle aussi, dérange, sont tatoués à mort.
Chairs.
Chère.
Au sortir de la salle, ces impressions de naître à nouveau, de n'être à nouveau que vous même, raccomodent les morceaux d'émotions, détendent les muscles endoloris par le froid d'une salle surchauffée, l'air frais de l'hiver réchauffe les sens.
Cronenberg vous pris par la main au début du film, il ne vous a laché que maintenant.
Mais sa main est toujours dans votre poche.
... âmes sensibles, s'abstenir.

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