Un blog. Celui de Laurent.

14 juin 2005

Libre

Un adolescent marche en regardant le sol.
"Si le nombre de dalles jusqu'au passage piéton est impair, je lui téléphone.".
"Si la prochaine voiture qui passe est une Peugeot, c'est que j'ai réussi mon examen d'anglais."

Et ainsi de suite, nous avons tous d'une manière ou d'un autre, pratiqué ce genre de superstitions les jugeant totalement nulles quand elles ne produisaient pas les effets attendus et n'osant même pas croire à un lien probable entre les choses, dans l'autre cas.

Nous étions alors sans doute rêveurs, transis, croyants, joueurs ou simplement un peu naïfs.

Un adulte roule en regardant la route. Il pense des mots d'enfant.
"Si je me rends dans la ville d'Aubenas, on disait que Florence Aubenas serait libérée."

Samedi matin, le 11 juin, amoureux, rêveur, joueur, à peine un peu croyant et naïf, je faisait quelques achats sur le marché hebdomadaire d'Aubenas.
Les portraits de Florence et Hussein y étaients, là aussi, affichés en grand, sur la facade de la mairie.
La toile sur laquelle était imprimé le visage de Florence se décrochait un peu sur le coté gauche, en haut, une des cordes avait laché.

"Si on disait que c'est un signe qu'elle est libre, là, maintenant."

La suite vous la connaissez.
Oser penser aux liens improbables entres les faits,
c'est ouvrir des portes.